Trophées 813 – prix Michèle Witta [2] : L’année du lion

L’année du lion, de Deon Meyer, paru l’an dernier dans la collection Seuil Policiers aux éditions du Seuil, est un des cinq romans sélectionnés pour le second tour des trophées 813 catégorie « prix Michèle Witta – romans étrangers ou recueils de nouvelles étrangères ».

Mais que sont les trophées 813, comment ça marche ? Je vous ai tout expliqué dans cet article de présentation.

Retrouvez les chroniques des autres livres sélectionnés grâce au mot clé Trophées 813.

Je ne suis pas convaincu que si Deon Meyer n’avait pas préalablement été connu comme auteur policier, L’année du lion aurait été classé comme tel. Le pitch est simple, une épidémie décime en très peu de temps 95% des habitants de la planète. Les survivants s’organisent comme ils peuvent, et parmi eux, le père du narrateur monte une collectivité, son utopie. Une cité de la démocratie, de la paix et de la justice. Évidemment, il doit faire face aux difficultés propres à « la nature humaine », à des personnes au sein de la nouvelle communauté pas aussi bien intentionnées que lui et aux hordes barbares extérieures.

Autant commencer par le verdict, on écoutera les témoins et lira le dossier d’instruction après: je ne suis pas convaincu, vraiment pas. Deon Meyer reprend tous les clichés du genre, mais on ne sait pas ce que ce roman d’anticipation post-apocalyptique nous apporte de plus. Certes, je ne suis déjà pas un fan du genre à la base, mais quand c’est vraiment bon, je sais quand même apprécier, je ne suis pas réfractaire (ah! Malevil de Robert Merle, un de mes grands souvenirs de lecture d’enfance). Les personnages (à deux exceptions près) ne m’ont paru ni attachants ni intéressants. Les réflexions sur la vie en société, la démocratie, la philosophie, le bien, le mal … n’ont aucune profondeur, et sont souvent très essentialistes. Ce n’est pas mal écrit, mais pas spécialement bien non plus1 ).

La critique peut paraitre dure, contrairement à mes habitudes (je m’étais expliqué de la bienveillance générale de mes critiques ici). Il reste cependant un élément qui m’empêche de classer l’année du lion dans les mauvais roman, une certaine efficacité. Car il y a des moments où on se prend à l’aventure, où on a envie de savoir comment va se conclure une péripétie, un affrontement. Pendant quelques dizaines de pages, on les tourne donc sans s’en rendre compte et ça, c’est agréable. Cependant, la globalité du livre ne manque pas de longueur et je me suis pris à penser à ma liste de courses en lisant. Il reste aussi l’intrigue, car il y en a une. A quoi est réellement due l’épidémie, reste-t-il quelqu’un ou des institutions qui tirent les ficelles, qui sont les mystérieux chefs de la principale bande de pillards en activité, qu’en est-il de quelques événements incompréhensibles ? Par moment, je me suis pris au jeu, je dois le reconnaître. Mais je n’ai jamais brûlé d’avoir les réponses et, quand je les ai eu, je n’ai ni bondi de surprise, ni applaudi de pertinence ou sombré dans des réflexions profondes que l’auteur semble vouloir lier à cette intrigue.


1 Je précise ici que je ne lis pas en version originale, mes appréciation sur l’écriture de romans étrangers peuvent donc parfois tenir autant à la traduction qu’à la rédaction initiale

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