Le scandale de Fombelle

Voici typiquement le type de billet d’humeur sur l’actualité immédiate que je ne voulais pas/plus publier sur le blog. Alors, pourquoi le faire ? Parce que ça me plait !

Depuis quelque temps, le petit milieu littéraire, toujours plus prompt à s’indigner de tout ce qui concerne le sacro-saint livre, bien plus que des gens qu’on fait crever de faim ou sous les coups de la police, a trouvé un nouveau scandale à se mettre sous la dent. L’auteur Timothée de Fombelle (que je ne connais pas, mea culpa, et sur les écrits duquel je me garderai donc bien de porter un jugement) serait privé d’édition dans les pays anglo-saxons en raison de sa couleur de peau, parce que, homme blanc, il a écrit un livre sur une petite fille noire victime de la traite négrière. Et tout le cloaque littéraire, toujours sûr de son rôle central de défenseur des grandes valeurs universelles, de crier sur tous les tons à la censure et au racisme ! Voilà qui ne peut que m’attirer quelques réflexions.

De la censure ?

Rappelons que la censure, c’est quand une autorité compétente décide d’interdire ou restreindre la publication ou la diffusion d’une œuvre ou d’une communication. C’est par exemple le cas quand un préfet ordonne que soit partiellement recouverte une fresque contre les violences policières.

Fresque contre le racisme et les violences policières à Stains que l’État veut censurer à la demande de syndicats policiers

Alma, le livre de Timothée de Fombelle a-t-il donc subi une censure dans les pays anglo-saxons ? Que nenni, rien ne lui interdit d’y diffuser son livre. Simplement Walker Books, son éditeur au Royaume-Uni et aux États-Unis a décidé de ne pas l’éditer. C’est juste un refus d’un éditeur comme il y en a des centaines de milliers en permanence. Tous les auteurs et autrices en herbe qui envoient leurs premiers jets à tous les éditeurs du monde et reçoivent dans les meilleurs des cas un ou deux courriers de refus non personnalisés devraient donc crier à la censure et non plus au fait que leur immense talent est incompris, ça semble plus porteur.

Par ailleurs, l’auteur lui-même quand il vient se plaindre dans les médias nuance à différents égards la notion de censure (terme utilisé par ses « soutiens », mais que je ne l’ai pas lu utiliser personnellement, je précise). Déjà, quand les journalistes affirment qu’il ne sera pas publié aux États-Unis ou au Royaume-Uni (alors que, rappelons-le, la décision ne concerne qu’un seul éditeur), lui est un petit peu moins catégorique puisqu’il répond « ils ne le publieront sans doute pas ». De même, il précise que dès qu’il leur a annoncé le sujet sur lequel il travaillait, l’éditeur l’aurait prévenu qu’il ferait mieux de renoncer, on ne peut donc pas dire qu’il soit pris en traitre. Si ton éditeur te prévient qu’il n’est pas sûr que ce soit pertinent d’écrire un livre et que tu le fais, il ne faut pas être surpris qu’il n’en veuille pas.

À noter enfin qu’il est assez surprenant de voir toujours exprimer l’idée que la censure serait, par essence une honte antidémocratique comme si c’était une évidence incontestable. La censure est partout et jusqu’ici personne n’a réussi à me convaincre que ce serait mieux de la supprimer (même si je préférerais qu’elle soit appliquée par des institutions plus légitimes que l’État, ses flics et sa justice), d’autoriser par exemple la diffusion des appels à l’extermination ethnique, d’autoriser la pédopornographie ou autre.

La libre entreprise

Mon propos n’est pas ici de défendre la libre entreprise, mais de constater que c’est soi-disant la doctrine dominante aujourd’hui (même si cette pseudo-liberté est totalement illusoire et contrainte). Si un entrepreneur n’a pas envie d’investir dans une affaire, c’est censé être son droit le plus strict. On essaye de nous le faire oublier, mais quand une entreprise à but lucratif (ce qu’est Walker Books, et pas une petite avec ça, d’autant que c’est maintenant une filiale de Trustbridge Global Media) décide d’éditer un livre, ce n’est rien d’autre qu’un investissement dont elle attend un retour sur investissement. Ce qui va principalement décider un éditeur à investir ou non c’est avant tout le calcul d’un rapport entre somme investie et gains escomptés que vient pondérer l’estimation des risques annexes encourus (risques de démêlés judiciaires, de faire baisser sa réputation et donc à terme sa clientèle…).

Ici, on tente de politiser à tout prix l’affaire d’un point de vue idéologique. Mais si Walker Books, éditeur habituel de Fombelle, refuse une édition, c’est évidemment en vertu de son estimation de l’intérêt de l’investissement. Peut-être que le risque de se faire critiquer pour appropriation culturelle joue effectivement un rôle dans leur décision (il est impossible de le savoir, d’autant que l’éditeur a pour l’instant refusé de s’exprimer là-dessus et que la seule source affirmant cela, reprise par tous les médias comme une vérité incontestable, est la parole de l’auteur), mais si c’est le cas, ce n’est sûrement pas pour des raisons idéologiques, mais bien parce que ça détériore le rapport risque/gains escomptés.

De toute façon que ce soit le cas ici ou non, le motif économique est bien le motif ultra-dominant pour ne pas publier les milliers de livres qui ne le sont pas chaque année. Est-ce en soi moins critiquable « d’empêcher un livre d’exister » (pour reprendre des propos de l’auteur) pour motif économique que pour motif idéologique (qu’on soit d’accord ou non avec ce motif) ? La majorité des indignés du moment, professionnels du livre ou amateurs de littérature autoproclamés, est pourtant bien silencieuse contre cette véritable censure de masse perpétrée quotidiennement au nom de la dictature économique.

La liberté artistique

Dans de précédents coups de gueule, j’ai déjà clairement exprimé mon dédain contre la notion d’exception culturelle plaçant l’art et en particulier la littérature au-dessus de tout. C’est encore une fois ce que font les zélés combattants contre la censure d’une certaine manière en faisant d’une pure anecdote une affaire de la plus haute importance qui serait à elle seule le symbole d’un monde qui part à vau-l’eau. Simplement, comme presque toujours avec les gens qui affichent si fièrement leurs grands principes, ils le font avec bien peu de cohérence.

Tout d’abord, le droit inaliénable à pouvoir diffuser son art ne vaut visiblement que pour un auteur reconnu et adulé par la critique (peut-être à raison, je ne l’ai pas lu), mais pas par exemple pour des auteurs de graffs.

Surtout, dans l’affaire, la seule liberté artistique que je vois niée, c’est celle de l’éditeur. Encore une fois, la liberté artistique de l’auteur n’a pas été remise en cause. Personne ne l’a empêché d’écrire Alma, qui a été très largement vanté dans la presse et va connaître une diffusion massive. Une maison d’édition, son boulot c’est de faire des choix éditoriaux. Ces choix, elle les fait selon ses propres critères, qu’elle garde généralement pour elle. Si pour les éditeurs à but lucratif, le critère économique est inévitable, les autres critères peuvent être variés : artistiques, idéologiques… qu’est-ce que ça change ? On ne va pas reprocher à un éditeur qui a fait le choix de ne diffuser que tel genre littéraire de ne pas publier des romans d’un autre genre. Je n’ai jamais vu personne s’indigner du choix par exemple d’Agullo de ne publier que des romans étrangers ni remettre en cause ou interroger le choix de déroger à cette règle pour Frédéric Paulin. Personne ne s’insurge que tel ou tel éditeur refuse un livre parce que le scénario ne lui plait pas, parce qu’il n’aime pas le style d’écriture ou qu’il trouve le thème inintéressant.

Liberté politique

Je vais vous offrir un scoop, chaque jour des éditeurs refusent des manuscrits pour des raisons politiques. La plupart du temps ils ne l’explicitent pas, puisque la tradition est que le choix éditorial n’appartient qu’à la maison d’édition. Mais il existe des éditeurs clairement engagés, d’autres qui n’en font pas la publicité, mais incluent des critères idéologiques, politiques et éthiques dans leur sélection, des maisons d’édition libertaires, d’autres d’extrême droite qui s’assument ou qui le nient (mal), d’autres antisémites, et on a même eu une maison (maintenant close) jouissant d’une réputation gauchisante, mais ne voyant pas de problème à publier un militant fasciste pur et dur !

Mais, pour reprendre des exemples sus-cités, les mêmes qui dénoncent comme un scandale la décision politique attribuée à Walker Books dans le cas présent n’avaient pour la plupart rien de plus à cœur que de défendre bec et ongles le droit de Ring d’être un outil de la guerre culturelle de l’extrême droite ou de Gallimard de publier un pamphlet antisémite, car soi-disant leurs détracteurs attentaient à leur liberté d’éditeurs ? Mais d’où peuvent bien venir ces convictions à géométrie variable ?

Quand les mêmes personnes utilisent les mêmes prétextes pour défendre le droit au racisme et dénier le droit à une prétendue dérive de l’antiracisme, c’est peut-être que leur combat n’a rien à voir avec la liberté et tout à voir avec du racisme.

Le vrai scandale est politique

Quand arrive une polémique, il est nécessaire pour l’appréhender de regarder d’où elle vient et où elle va, quel est son impact, qui elle sert.

En toute logique la polémique a pris de l’ampleur en France quand les médias français ont commencé à en parler. Or, outre ActuaLitté, les premiers médias français à avoir essayé de créer « l’affaire » sont Valeurs Actuelles, Le Figaro, Le Point, rejoint sur le tard par RT.

On commence à tenir quelque chose d’intéressant. Le point commun entre ces médias est évidemment d’être nettement engagés dans le camp conservateur et d’extrême droite. Ces derniers temps ils sont particulièrement engagés dans une campagne politique d’ampleur contre le mouvement antiraciste politique qui se mobilise fortement. Que d’encre et de pixels n’ont-ils pas hésité à dépenser en défense de nos statues de négriers, de notre police républicaine… Mais ils ne se contentent pas de défendre des idées et des serviteurs de ces idées en positif. Une grande partie de leur combat est directement dirigée contre le mouvement antiraciste en cours (je laisse à chacun trouver le qualificatif adapté aux adversaires acharnés des antiracistes). Calomnie, mensonge, aucun moyen n’est trop sale pour eux, mais il y a au cœur de leur stratégie une méthode de double inversion dans laquelle la polémique « Fombelle » prend toute sa place.

Il s’agit d’une part de faire passer les antiracistes pour les vrais racistes (et donc d’exonérer les racistes) et d’autre part de faire passer les victimes de racisme pour les vrais racistes (et donc les blancs pour les vraies victimes du racisme).

Il y a des gens (noirs, arabes, juifs, asiatiques…) qui subissent le racisme au quotidien. C’est un fait objectif, maintes fois sourcé. Les études sont nombreuses prouvant que ces populations sont discriminées à l’embauche, pour l’accès au logement, sont plus victimes du système judiciaire et carcéral, des contrôles abusifs et de la violence policière, sont plus agressées, insultées et tuées… En face, il y a des gens (et des institutions) qui pratiquent et distillent ce racisme, et en profitent évidemment. Ces derniers, logiquement à leur aise dans une société raciste, dans laquelle ils occupent la position dominante, ont tout intérêt au statu quo et cherchent à ôter les armes des mains de leurs adversaires en les privant de mots pour dénoncer le racisme (ça ne vous rappelle rien?). Les victimes du racisme et leurs alliés ont un combat à mener et se doivent donc pour ce faire de verbaliser l’oppression subie. Tout l’enjeu pour les réactionnaires est donc de faire croire que comme ce sont les victimes de racisme qui parlent de racismes et des différences de traitement entre personnes racisées ou non seraient les vrais racistes. C’est exactement la logorrhée qu’on lit ad nauseam au sujet de la soi-disant décision de Walker Books : les antiracistes décident de qui peut écrire sur la traite négrière en fonction de la couleur de peau, ce sont des méchants racistes. Les antiracistes sont en train de « créer une censure en fonction de la couleur de peau » (je n’exagère pas, il y a vraiment des gens qui parlent de dérive raciste et de création de censure raciste, qui prétendent donc qu’il n’y avait pas de racisme et de censure raciste jusqu’ici…).

La deuxième inversion est dans le prolongement de la première. Les vrais racistes seraient les antiracistes et en particulier les victimes (prétendues clament-ils, déniant tous les faits) du racisme. Alors qui sont les victimes du racisme de ces antiracistes ? Les blancs évidemment ! Et c’est l’autre but poursuivi par les tenants du système raciste en place en soufflant sur les braises pour créer une polémique autour d’Alma : montrer que les blancs seraient victimes du racisme puisqu’on voudrait les empêcher de s’exprimer et de créer de l’art sur la question de l’esclavage. Car si on se force à lire la prose nauséabonde des gens qui dénoncent une discrimination envers un blanc en raison de sa couleur de peau, on ne peut que constater que ce n’est pas un cas précis qui est dénoncé, mais un exemple qui est érigé en symbole d’un état de fait plus général qui seraient la domination progressive d’un racisme anti-blanc. Cette soi-disant lutte contre le racisme anti-blanc et en défense de Fombelle n’est qu’une pierre de plus au combat des fachos identitaires qui chouinent White Lives Matter, qui s’inscrit lui-même dans la mouvance majoritaire actuelle du suprémacisme blanc qui s’est notamment beaucoup développé autour du nazi David Lane et ses « 14 mots ».

Des personnes en accord avec moi sur la réelle raison des racistes de monter en épingle cette affaire pourront tout de même m’opposer deux accusations :

  • d’une part j’amalgamerai avec ces racistes tous les gens qui dénoncent la décision de Walker Books alors que parmi eux il y a plein de gens très bien et pas du tout racistes et même vachement antiracistes (qui ont même des amis qui…) –> ceux-là j’y reviens en fin de billet dans la partie sur les idiots utiles
  • d’autre part, les médias réactionnaires qui ont monté l’affaire en épingle ne l’ont quand même pas inventée de toute pièce, ça vient bien de quelque part.

Et bien oui, selon toute probabilité. Ils n’ont pas inventé le problème rencontré par Fombelle, c’est tout simplement l’auteur lui-même qui a cherché à faire médiatiser ce dont il s’estime victime. Pourquoi ? Puisque je ne le connais pas, je ne sais pas ce qu’il pense et le motive. Probablement déjà que sur le point de perdre un marché juteux, il ne crache pas sur un peu de pub. Peut-être espère-t-il même que cette médiatisation fera pression sur Walker Books pour qu’ils décident finalement de le publier. Peut-être est-il tout à fait conscient de l’offensive raciste à laquelle il participe et est-ce sa volonté (même si j’ai de bonnes raisons d’en douter), peut-être qu’il en est conscient et qu’il s’en fout, peut-être au contraire ne se rend-il pas compte de quels intérêts il sert ou est même sincèrement convaincu de servir se faisant de beaux idéaux antiracistes et pro « liberté d’expression et liberté artistique » ? Je pencherai pour la dernière hypothèse, mais ça ne change rien au problème comme je vais le développer.

Le problème de fond…

Et sur le fond, tu en penses quoi, toi ? Ne manquerons pas de me demander certains. Que penses-tu de la décision de l’éditeur anglo-saxon, que penses-tu de cette histoire d’appropriation culturelle ?

Tout d’abord, je maintiens que l’éditeur ne s’étant pas exprimé sur une éventuelle décision et donc encore moins sur ses hypothétiques motifs, je refuse de considérer cette décision et ces soi-disant motifs comme des faits avérés et donc de les commenter.

Surtout, ces questions soi-disant de fond, sont tout sauf le cœur de la polémique en cours. Les notions d’appropriations culturelles ou de paroles des concernés (et sa spoliation) sont des questions complexes. Les personnes y faisant appel ne sont pas homogènes, il existe chez les antiracistes des nuances (et des désaccords) sur ces questions. Sans le substituer à ceux des victimes, j’ai des avis et des interrogations sur ces questions et je ne demande qu’à en débattre. En débattre au sein du mouvement antiraciste avec les gens qui veulent vraiment le faire gagner et non pas avec ses adversaires résolus (et spoiler alert, je le fais, parce qu’il y a derrière le clavier quelqu’un avec une vraie vie en dehors de ce blog et heureusement vu la faible activité dudit blog). Débattre d’appropriation culturelle avec les racistes, selon les termes qu’ils ont choisis, dans le calendrier qu’ils ont choisi, à partir des exemples qu’ils choisissent et des assertions qu’ils font ? Autant dire relayer leur propagande !

L’appropriation culturelle et les débats qu’on peut avoir sur les conclusions à tirer de cette notion, les racistes en question n’en ont d’ailleurs rien à foutre. Tout comme, ils n’en ont rien à foutre de la liberté d’expression qu’ils sont les premiers à bafouer, ce sont des prétextes pour avancer leurs pions et dérouler leur stratégie raciste de double inversion et croire que c’est vraiment le problème, c’est tomber dans leur piège, leur servir la soupe et les aider dans leur offensive raciste.

… Et ses idiots utiles !

On en arrive donc logiquement aux personnes qui alimentent cette polémique, mais qui ne sont pas racistes, voire antiracistes (ce qui inclue donc dans le meilleur dès cas l’auteur lui-même). Tout d’abord, se prétendre antiraciste, ni même se considérer sincèrement comme antiraciste ne sont absolument pas des garanties de ne pas être raciste. Et oui, dans ces « militants antiracistes » on trouve notamment ceux qui nient contre toute évidence le racisme systémique et ceux-là auront beau bramer tant qu’ils peuvent ils sont bien des défenseurs de ce racisme systémique, certains très consciemment d’autres à leur corps défendant.

Je ne dis pas pour autant qu’il n’y a pas plein de gens au progressisme sincère et concret qui s’agitent actuellement « en défense de Fombelle ». Certains sont convaincus de réellement lutter pour des valeurs foncièrement positives, pour la défense de la littérature (un jour j’espère qu’on saura m’explique en quoi c’est positif, mais admettons), pour la liberté d’expression (idem) pour l’égalité et même pour la diffusion d’un ouvrage antiraciste (puisqu’il parait que c’est le cas). Alors ils existent ces gens. Soit. Et ils sont sincères, re-soit. Et quand bien même auraient-ils raison contre moi de voir la littérature et la liberté d’expression et l’antiracisme mis en danger par cette anecdote érigée en affaire. Quand bien même. Et alors ? Qu’est-ce que ça changerait ? Est-ce que pour autant leur agitation hautaine aiderait les auteurs à exprimer leur art ? Est-ce qu’elle renforcerait la littérature ? Est-ce qu’elle aiderait les antiracistes à mieux mener leur combat ? Est-ce qu’elle réduirait la chape apposée par le capitalisme sur la création littéraire et la liberté d’expression ?

En aucun cas. Leur agitation ne fait que renforcer les combats de ceux qui l’ont initiée. Ils ne font que renforcer les mythes du racisme anti-blanc, des méchants racistes qui seraient les vrais racistes, bref ils ne font que renforcer le racisme et écraser un peu plus la gueule de ceux qui le subissent. Savoir pourquoi ils le font et avec quelles intentions ne change rien aux conséquences concrètes de leurs prises de position.

Alors souvent j’essaye de convaincre les gens qui servent le système de domination raciste sans le vouloir, souvent je fais ce que je peux pour nouer le dialogue, essayer de leur expliquer, leur démontrer calmement les choses. Et puis parfois… parfois j’en ai ma claque. Parfois je veux juste dire que les racistes et leurs idiots utiles ont le même effet et sont à mettre dans le même sac, de dire qu’à force de vivre dans le monde de l’abstraction pure et de défendre des principes sans les appuyer sur la réalité des rapports sociaux, on ne peut que finir par faire n’importe quoi et servir les systèmes de domination, et même en être un rouage essentiel. Parfois, je n’ai plus que l’énergie de les insulter sans me demander si c’est le plus constructif. Ce soir j’oscillais entre les deux et je pense que ce billet est le fruit un peu foutraque de cette oscillation.

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